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Approche ALPES - la pédagogie agile

L’approche

Nous affirmons que les méthodes agiles sont efficaces, permettent une meilleure gestion de projet et répondent mieux aux attentes des clients. Pourquoi nous, enseignants, ne les utiliserions-nous pas dans nos enseignements ?

vacances universitaires

Les approches agiles sont des pratiques de gestion de projet de développement informatique. Plus pragmatiques que les méthodes traditionnelles, elles permettent d’être au plus proche du demandeur et de l’impliquer au maximum. Elles offrent une grande réactivité et une bonne adaptation pour répondre au mieux aux besoins.

Elles sont aujourd’hui utilisées dans une grande partie des entreprises informatiques, notamment les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII). Elles sont largement utilisées dans la conception logiciel, mais elles peuvent être appliquées à divers types de projets.

Les méthodes agiles sont enseignées bien souvent dans un cours contenant la théorie de ces méthodes et une partie pratique à la marge des enseignements dits principaux. La problématique est la suivante : nous affirmons que les méthodes agiles sont efficaces, permettent une meilleure gestion de projet et répondent mieux aux attentes des clients. Pourquoi nous, enseignants, ne les utiliserions-nous pas dans nos enseignements ?

Mise en place en 2013 par Jannik LAVAL à Mines Douai, l’approche ALPES (approches AgiLes pour la Pédagogie dans l’Enseignement Supérieur) a vocation à les appliquer à l’enseignement. La communauté fait évoluer l’approche en fonction des besoins et du retour des différents guides, alpinistes et étudiants.

La démarche ALPES a deux objectifs :

Les alpinistes enseignent dans l’objectif de satisfaire les besoins des étudiants. Les cours sont au format projet avec un fonctionnement itératif, ce qui offre une agilité toute particulière aux enseignants.

Les étudiants et les enseignant travaillent en collaboration, même durant les dates des vacances scolaires. Les enseignants se positionnent comme consultants, coachs et product owner dans le projet que les étudiants réalisent. Ils viennent compléter les connaissances dont ces derniers ont besoin pour avancer.

Bien décidés à transmettre ce goût des approches agiles aux étudiants, les enseignant vont parfois laisser la charge de transmission de connaissance à ceux-ci lors des relais.

N’hésitez pas à prendre contact avec les guides pour plus d’informations et à parcourir le site pour découvrir l’approche et ses outils. Suivez l’actualité des ALPES sur Twitter : @ApprocheALPES

Vers un enseignement agile

Comment se déroule une séance ?

Une séance est rythmée par des longueurs. Des sessions de 25 minutes entrecoupées de pauses de 5 minutes. La pause de 5 minutes est remplacée par une pause de 15 minutes toutes les 2 heures.

Le timer est à la responsabilité de l’enseignant. Nous demandons aux étudiants de respecter strictement ce timer. Il faut donc qu’ils aient un accès visuel au temps restant.

Une séance se déroule souvent de la façon suivante: la première longueur est réservé à l’installation et à la compréhension du problème à aborder durant le sprint. Le temps de commencer à lire le cours associé et la première pause est déjà là.

Ce temps de pause est important, il permet d’assimiler les informations liées au problème du jour. Dès la deuxième longueur, les étudiants commencent le travail effectif, jusqu’à l’avant dernière longueur. Ce qui fait 6 longueurs sur un sprint de 4h. La dernière longueur est réservé à la finition de la tâche en cours, à la sauvegarde des données et à la rédaction du tweetback board (10 minutes).

Lors de la première séance, les deux premières longueurs sont réservés à l’installation:

L’ensemble des boards est ramassé par l’enseignant à chaque fin de séance. On demande donc aux étudiants d’écrire leurs noms et prénoms sur les boards. Ramasser ces boards permet à l’enseignant de suivre l’avancement du projet et de récupérer les tweetback boards.

Les longueurs sont parfois coupés par des relais. Nous recommandons d’annoncer par avance les relais. Par exemple, nous annonçons à la fin d’une longueur qu’au début de la prochaine longueur nous allons faire un relai sur un problème particulier.

La création des boards

Créer les boards n’est pas une mince affaire. Tout est basé sur la création de users stories venant des approches agiles ( Extreme Programming ).

Les users stories doivent être indépendantes. Ensuite, nous décomposons ces user stories en tâches atomiques.

Par exemple pour notre cours de SGBD (système de gestion de base de données), nous réalisons la base de données d’un doodle, l’outil de planification de réunions. L’une des users stories est « Un agent crée un évènement ». Pour cette user story, nous définissons 5 tâches : Lecture du cours, écriture du test, modélisation de l’architecture, création de la base de données, écriture des requêtes SQL associées.

Conséquences de l’approche sur un cours

Un cours selon l’approche ALPES est plus rythmé qu’une séance de cours classique. C’est une conséquence que nous avions largement sous-estimée lors de nos premières expériences.

Nous avons identifié quelques éléments qui nous ont permis de comprendre ce phénomène.

La longueur

Une séance type est basée sur un impératif : les étudiants arrivent à l’heure, de même que les enseignants. Ceci peut paraître évident au premier abord, mais la rigueur est un aspect essentiel au bon fonctionnement de l’approche. La longueur entre ainsi en action dès le début de la séance avec le lancement d’un chronomètre décomptant 25 minutes. 25 minutes s’écoulent…

La longueur est issue de la technique du Pomodoro dont nous utilisons uniquement une partie du protocole. Voici la technique du pomodoro : une session de travail fait 25 minutes. S’en suit une pause de 5 minutes offerte aux étudiants. Ensuite, on reprend une session de 25 minutes de travail, et ainsi de suite. Au bout de 2 heures, soit 4 pomodorii, la pause fait 15 minutes au lieu de 5 minutes. Dans le cadre de nos cours, nous avons des sessions de 4h, ce qui correspond à 8 pomodorii avec une pause de 15 minutes au milieu.

Pourquoi 25 minutes ? Un étudiant standard peut se concentrer sur une tâche en moyenne 25 minutes en continu (par exemple écouter un exposé, coder un programme, etc.) Au delà, ses capacités de raisonnement et sa capacité à retenir des informations sont amoindries. Nous décomposons donc le travail en plusieurs tâches atomiques. De plus, ce temps relativement court évite une lassitude souvent observé sur des tâches longues qui entraine souvent les étudiants à consulter mails, facebook, youtube et autre outil interactif (qu’ils pourront consulter durant les pauses prévues).

Pour les étudiants, les effets sont notables. Nous leur demandons de travailler durant 25 minutes, ensuite, durant la pause de 5 minutes, ils font ce qu’ils veulent sauf poser des questions liées au cours. Cette rupture imposée et prévue favorise un réel relâchement puis un retour rapide à un travail efficace.

La technique du pomodoro a sa propre page. L’ensemble de la technique y est détaillée.

Le Task board

Le task-board est une feuille au format A2 donnée à chaque binôme d’étudiants contenant 3 colonnes principales : TO DO, DOING, DONE. Sur celles-ci vont naviguer des post-its représentant des tâches à réaliser avant la fin d’une session de TP. La photo montre un task-board en cours d’utilisation.

calendrier scolaire

Nous ajoutons dans certains TP, dans la colonne du milieu, une case HELP. Cette case permet aux étudiants de mettre une tâche en attente de l’aide de l’enseignant.

Un point important est que les tâches doivent être indépendantes. Ainsi quand un étudiant lève la main, l’enseignant le remarque et lui signale qu’il va arriver. A ce moment , l’étudiant peut réaliser d’autres tâches de son task-board (ce qui évite de se retrouver en situation d’attente et donc d’inaction).

Le task board permet de voir d’un simple coup d’oeil l’avancée des étudiants dans le TP. Il permet aussi d’ajouter des tâches au fil de l’eau, en fonction du niveau des étudiants.

Le Planning board

Le planning board une feuille au format A2 décomposé en un certain nombre de sprints. Chaque sprint est représentatif d’une séance de Cours/TD/TP. Il est donc limité en temps et a des objectifs pédagogiques clairement définis.

Dans la photo suivante, nous avons organisé un cours en 6 séances (ou sprint) de 4h. Pour chaque sprint un certain nombre de User Stories et de tâches sont à réaliser.

Les post-its représentant ces tâches et User Stories sont placées dans les colonnes selon les objectifs que l’enseignant veut atteindre. Dans les faits, on constate que certains étudiants prennent de l’avance, ou du retard. Dans un cas comme dans l’autre, cela ne pose pas de problème particulier. Une fois que les tâches d’un sprint sont réalisées, les étudiants peuvent commencer à découvrir et réaliser le sprint suivant. Dans le cas d’un retard, les tâches sont décalées au sprint suivant.

Il est à la charge de l’enseignant de s’assurer que le retard pris n’aura pas d’impact sur la fin du projet, représentée par la fin du cours et en général par un examen final. Dans le cas d’un retard important, il conseillera aux étudiants de travailler un peu plus à l’extérieur des horaires de cours.

planning vacances scolaires

Le planing board a deux utilités. D’une part, il permet de suivre l’avancement global des binômes. L’enseignant repère assez rapidement les étudiants en difficulté. Il pourra donc allouer plus de temps à ces derniers et pourra prévoir des tâches plus complexes aux étudiants en situation de facilité. D’autre part, le planning board offre aux étudiants une visibilité sur les objectifs du cours.

Les Relais

Un relai, qu’est-ce ?

Le relai est une adaptation du coding dojo: plusieurs personnes se penchent sur un même problème et tentent de le résoudre collectivement. L’objectif d’un relai est d’apprendre de façon collective à résoudre un problème rencontré par plusieurs étudiants du groupe.

A la différence du coding dojo, le relai est court. L’idée étant de résoudre un point bloquant dans l’avancement du projet, il ne faut pas perdre de vue l’objectif final de finir le projet dans les temps.

Le relai se déroule de la façon suivante: il dure entre 10 et 25 minutes; il peut prendre la forme de Kata la plupart du temps, mais le Randori est adaptable également.

Dans le cadre du Kata, nous demandons aux étudiants de se concentrer sur le défi, c’est à dire de laisser leurs ordinateurs de côté et de se réunir autour d’un « tatami ». Si la salle de cours est suffisament grande, nous encourageons les étudiants à former un cercle dans cet espace, sinon, on leur demande simplement de se lever de leur chaise. Cela ressemble grandement à un stand-up meeting !

Le Kata est ensuite dirigé par une personne choisie. Bien souvent c’est l’enseignant lui-même qui réalise la démonstration et résoud le problème. Dans les faits, nous encourageons grandement les étudiants à prendre cette place. L’expérience est appréciée de tous.

Bien sûr, comme pour le coding dojo, la discussion est indispensable. Nous encourageons tous le monde à poser des questions en cas de problème de compréhension.

L’intérêt du relai est de réduire les sessions de cours au minimum, nous diminuons ainsi le risque de perte d’attention. Les étudiants ayant un problème à résoudre vont s’intéresser à la solution proposée, et vont pouvoir la discuter.

Le tweetback board

Le tweetback board est un tableau de bord reprenant l’idée du stand-up meeting: il permet de rendre compte de l’avancement des tâches sans s’attarder sur les détails.

Le terme tweetback provient de « tweet ». Tous le monde connaît twitter: les messages sont limités en nombre de caractères; et « back » pour la terminaison de feedback.

Le tweetback board est matérialisé sur le planning board: Au sein de chaque colonne du planning board, à la fin de chaque sprint, les étudiants vont répondre à trois questions:

Cette pratique permet d’utiliser le stand-up meeting avec des groupes de plus de 20 étudiants. C’est un mode d’interaction avec l’enseignant, c’est aussi un moyen pour eux de prendre du recul sur les compétences acquises durant les sprints.

Le support de cours en ligne

L’enseignant ne donne plus de cours magistral et ne fait plus défiler de slides. Le support du cours est disponible en ligne.

Les étudiants vont donc pouvoir télécharger le support de cours et/ou le lire en ligne (Ce dernier se doit donc d’être auto-suffisant). Il doit contenir l’ensemble des informations nécessaires à l’apprentissage, mais pas plus. Tous les éléments non nécessaires à la réalisation du projet ne sont pas inclus dans le cours, mais dans un ensemble de documents annexes.

Un principe est de ne pas polluer le cours avec les éléments inutiles à la résolution du problème posé.

Dans l’idéal, il ne devrait pas y avoir d’annexe. Si le projet proposé est complet, il doit aborder toutes les notions du cours.

Le cours est organisé en différentes parties : il y aura autant de parties que de sprints. Ainsi l’organisation du support de cours est dépendante de l’ordre dans lequel les problèmes sont abordés.

Les guides

Jannik: L’initiateur, premier de cordée

Anthony: Second de cordée
SiteAlpes_af

Mathieu: Le sherpa

Les alpinistes

IUT Lumière, Université Lyon 2

ISEN Brest

Lausanne, Suisse

Mines Saint-Etienne

On en parle

Article sur l’étudiant.fr du 30 avril 2015:
« Former des ingénieurs agiles : le pari des Mines de Douai »

Etudiants de première année, promotion 2013, Mines Douai:

« Efficace, originale, moderne ».

« Un cours « jeune » donc dynamique, avec des méthodes neuves, un enseignant motivant. »

« Je trouve très utile et efficace la méthode Pomodoro, surtout pour des TP de 4h, on est plus concentrés »

« Bien organisé, motivant, applications diversifiées en TP. »

« Travailler avec la méthode AGILE est une expérience intéressante. »

« Echelonnée, Surprenante, Interactive. »

Références agiles

Les nouvelles

ALPES in Chile (ANDES)

ALPES was exported in Chile. There, ALPES was adapted and renamed into ANDES, thanks to Johan Fabry.

Here is the feedback of Johan about the integration of ANDES into his course:
« ANDES is doing fine, the integration with Pomodoros is working well, the students and me can track the time spent on various tasks, and now they are also doing time estimation per task and learning from that. Plus they have to switch roles at each pomodoro and I am strict about that. All the kanban boards are online on the blogs of the students so you can have a look, the links of the blogs with an explanation of each project are below. For longer-term planning they had to do a separate blog post at the beginning of each iteration (we have 2 iterations of 3 weeks each) and that works out relatively well. I will have to think about making it more physical next year because now it is a bit hidden.

Tweetback: Revue de Sprint

Dans l’approche agile SCRUM, il existe un moment privilégié pour faire le point d’avancement à la fin de chaque sprint. Ce moment est appelé revue de sprint. Il permet notamment d’évaluer ce qui a été réalisé et la manière de le faire. Ainsi, l’équipe peut ajuster la suite du projet.

Il y a une forme de revue dans les cours ALPES. On appelle cela Tweetback. Dans une session avec 30 étudiants, il est difficile de faire un retour sur chaque avancement de projet, on a donc choisit de faire un feedback court structuré, d’où le terme tweetback, fusion de tweet et feedback. Dans le tweetback, nous posons 3 questions: Qu’est ce que j’ai appris, qu’est ce qui me pose problème, est ce que les problèmes de la précédente séance sont résolu et comment. On limite le nombre de réponses à 3 items par question. Ainsi, en tant qu’enseignant, on peut lire tous les tweetbacks entre les séances, et les étudiants prennent le temps de prendre du recul sur leurs travaux.

Evaluer les travaux des étudiants : le Pecha Kucha

L’évaluation des étudiants doit être en relation directe avec les activités pédagogiques mises en place tout au long du cours. Dans beaucoup de cas, les cours intégrant les ALPES se terminent par une évaluation en mode projet avec les outils qui ont servi lors des séances. Dans certains cas, cela ne permet pas d’évaluer tous les acquis des étudiants et en particulier les aspects communication, présentation, démonstration, etc.

Les ALPES ont été mises en place dans divers contextes avec différentes thématiques. L’une d’elle concerne la programmation pour la robotique et l’usage d’un outil développé par Jannik : JetStorm (http://www.phratch.com/jetstorm). L’évaluation finale se composait de 2 éléments : une démonstration du produit final en direct précédée d’une présentation dans un format convivial : le pecha kucha.

L’objectif de cette activité est de présenter un sujet (ici son projet) en 20 diapositives de 20 secondes chacune (soit 6 mn 40 s) en défilement continu et en public (les autres étudiants et les enseignants). Chaque diapositives n’est composée que d’images (idéalement une seule) : pas de texte, un nombre étant toléré, pas de puces. Juste une image. Juste l’étudiant, son public, ses connaissances, son projet. Et beaucoup d’improvisation…

Le Pecha Kucha est filmé, l’ambiance est détendue. L’humour est un atout pour ce type d’exercice. Et au final, l’enseignant perçoit clairement les étudiants investis, qui ont travaillé sur leur projet et qui savent en parler, le défendre, le mettre en valeur. C’est une expérience en soit pour chacun, on en tire beaucoup d’enseignement tant pour les enseignants que pour les étudiants.

Pour plus d’information et de nombreux exemples : http://www.pechakucha.org/

Longueur et Relai font partie des ALPES

Afin de clarifier et d’éviter les comparaisons avec d’autres approches agiles, nous avons décidé de renommer certains termes des ALPES.

Pomodoro –> longueur

Ainsi les pomodorii sont renommés en longueurs. La technique du pomodoro est une mise en application d’une TODO list avec une gestion du temps. Elle utilise des indicateurs de performance et mets en place des activités d’amélioration.

Pour ALPES, nous n’utilisons que la partie gestion du temps, c’est à dire la décomposition du temps de travail en 25+5 minutes. Ainsi, nous souhaitons par ce changement de terme différencier notre pratique de la technique Pomodoro.

Dojo –> relai

Tous comme le terme précédent, nous voulons mettre en valeur ce que nous appelions dojo comme un relai. Un relai est un point d’encrage, c’est un élément de stabilisation. C’est un point d’arrêt sur une longueur.

Pour ALPES, il permet de consolider les connaissances et de partager l’expérience.

Nouvelle organisation d’un sprint en plusieurs longueurs

ALPES propose dans sa version initiale d’organiser un cours en sprint.
Chaque sprint est une session de cours. A Mines de Douai, les sprints sont d’une durée de 2 heures pour les CM et TD ou 4 heures pour les TP.
Ce découpage nous avait permis de décomposer le sprint en longueurs de 25 minutes + 5 minutes de pause. Ainsi, les sprint duraient 4 ou 8 longueurs. Ces longueurs basées sur la technique du Pomodoro nous permettent d’organiser efficacement notre temps.

A Mines Saint-Etienne, ALPES est en train d’être mise en place. Lors de la préparation du cours, nous nous sommes confrontés à une autre organisation du temps de travail. Les sprints dans cette école sont d’une durée de 1 heure 30 minutes, les groupes seront de 15 élèves. De plus les enseignants souhaitent ajouter un stand-up meeting et un tweetback à chaque session.

Partant sur les longueurs de 25+5, nous avons dû nous rendre à l’évidence: le temps manquera aux étudiants pour la réalisation du projet.

Ainsi après réflexion, nous avons proposé une nouvelle organisation des sprints en deux longueurs: 35+5+10+35+5. En voici le détail: les étudiants commencent par 35 minutes de travail, ils réalisent une ou plusieurs tâches du projet. Cette première longueur est suivie par 5 minutes de pause. Cette pause permettant de prendre du recul et de se détacher du travail en cours, nous pouvons organiser un stand-up meeting de 10 minutes. Il consistera à faire remonter des problèmes et des avancées sur les projets. Suite à cette réunion, un relai pourra être organisé. La deuxième longueur de 35 minutes devrait permettre aux élèves de continuer et de résoudre les quelques problèmes qu’ils ont pu rencontrer. Le sprint se finit avec un tweetback de 5 minutes, posant un état de la situation en fin de sprint.

Nous testerons cette approche dans quelques semaines. A ce moment-là, nous pourrons avoir du retour sur le rythme et sur cette nouvelle organisation.

Merci à Mines Saint-Etienne pour cette session de travail !

Mise en place d’ALPES à Saint Etienne

Suite à la formation ALPES du mois de Juillet à Mines Saint Etienne, ce vendredi 4 septembre nous retournons sur nos traces et formons une cordée. La mise en place sera rapide car cette session d’une demi-journée est prévue pour une mise en application dés le 16 septembre durant 10 séances.

La cordée réunira 10 enseignants et nous sommes particulièrement enthousiastes face à cette nouvelle expérience.

maj: La cordée en plein travail de réflexion pour la construction des User Stories.

La nouvelle génération d’experts: les slashers

Un slasher est une personne qui cumule les activités et les fonctions. Il va décrire son (ses) activité(s) par une suite de termes séparés par des slashs. De cette façon, la fonction d’un slasher sera « activité 1 / activité 2 / activité 3 ». Un exemple ? « enseignant innovant / chercheur en informatique / alpiniste ».

Pourquoi parler de slasher ici ? Slasher représente l’agilité, la rapidité, l’ouverture d’esprit, la capacité de changer de casquette et c’est l’assurance de ne jamais s’ennuyer.

Est-ce une rupture ? Probablement. La génération Y se différencie par l’accès à l’information constante (Internet). Elle cherche à être active. La spécialisation comme l’entend la génération précédente n’est plus d’actualité. Les individus de la génération Y veulent du fun et un travail proche de leurs valeurs personnelles, parfois au détriment du salaire. Ils segmentent donc leurs activités.

Tout comme les pratiques agiles viennent modifier le fonctionnement de l’entreprise, le slasher ajoute ses propres contraintes: Il a des compétences, il souhaite les utiliser. L’entreprise aura des difficultés à le canaliser sur un sujet ou une activité unique. Un slasher va facilement avoir une activité principale, être auto-entrepreneur et avoir une activité prenante pour ses week-ends.

Alors qu’en est-il de l’enseignement et de la pédagogie ? L’innovation pédagogique doit absolument prendre en compte les changements de comportements des étudiants. Cette génération Y est actuellement dans nos salles de cours. L’approche ALPES répond en partie à leurs attentes, mais nous devons aller plus loin. Notamment nous encourageons la transversalité des enseignements et un décloisonnement de ce que l’on appelle les « matières enseignées ».

Consultant, Coach, Formateur, Guide

Le consultant est un expert dans un domaine précis. Il maîtrise et il propose au client des « méthodes » sur un ou des sujets particuliers.
Il intervient à la demande du client sur un besoin présent.
Le client fait appel à son expertise qu’il juge utile ou nécessaire pour résoudre un problème qu’il a préalablement identifié. Le client va donc utiliser le consultant et ne pas s’approprier la méthode. Le consultant garde sa compétence et ne cherche pas à la transférer au client.

Le coach est un professionnel de l’accompagnement. Il cherche à construire l’avenir. Son centre d’intérêt est le client. Le coach n’est pas un expert technique (bien qu’il puisse l’être) mais un expert des processus. Il va aider le client à identifier le chemin à suivre pour atteindre un objectif. Le coach est une personne de confiance sur lequel le client peut se reposer sans pour autant lui laisser le pouvoir de décision. Le coach a une présence bienveillante, le client reste le pilote de son projet.

Le formateur a pour objectif de transférer une compétence qu’il possède. Le client acquiert cette compétence et devient autonome. Le formateur, comme le consultant est un expert de son domaine. Il possède également des compétences pédagogiques qu’il va utiliser pour un meilleur transfert de son savoir et de son savoir-faire aux apprenants.

Le guide est en partie un accompagnateur, en partie un formateur. Le rôle qu’on lui associe est différent de celui de coach. Comme les guides de haute montagne, le guide est rattaché à une cordée (représentant un projet). Il est donc hautement impliqué dans le projet (En alpinisme, sa vie en dépend !). La cordée est constituée des clients, et d’un ou plusieurs guides, chacun avec sa spécialité. Le guide est spécialiste, expert d’un domaine, comme le consultant. Il est aussi spécialiste des processus comme le coach. Il accompagne ses clients dans l’ascension de leurs projets en prenant les voies les plus adaptées à leur niveau d’expertise. Le guide est responsable de la cordée, le client est responsable du projet. Tout comme le guide de haute montagne, de bonnes capacités physiques, techniques et morales sont ses caractéristiques.

Formation ALPES à Saint Etienne

ALPES sera présentée par Jannik LAVAL à l’école des Mines de Saint Etienne le Jeudi 9 Juillet à 16h. La formation a pour objectif de créer une communauté et de fédérer les enseignants autour des pratiques agiles. Celle de Saint-Etienne sera la deuxième de la tournée des écoles des mines et des télécoms, après celle faite en juin à Brest par Mathieu Vermeulen.

ALPES au colloque QPES 2015

ALPES sera présenté par Mathieu Vermeulen au Colloque QPES 2015 à Brest le mercredi 17 juin à 16h. L’article est un retour d’expérience sur l’application des ALPES dans un cours de Base de données à l’école des Mines de Douai. L’article est téléchargeable sur HAL.

LES A.L.P.E.S. : APPROCHES AGILES POUR L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR, Retour d’expérience en école d’ingénieurs
Mathieu Vermeulen, Anthony Fleury, Kathy Fronton, Jannik Laval

Résumé:
Une équipe d’enseignants propose d’introduire des méthodes de gestion de projet issues du monde de l’entreprise (extreme et pair programming, SCRUM) dans les dispositifs pédagogiques en école d’ingénieurs. Ces approches, dites agiles, offrent une manière innovante d’enseigner. L’introduction des approches agiles a été bien accueillie par les étudiants. Nous décrivons, dans cet article, l’approche utilisée et le retour obtenu.